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Ici, nous sommes en 1975 dans notre petite maison à Sassenage. Je vais bientôt avoir 18 ans et mon départ pour le centre Jean-Thébaud à Arrens-Marsous est imminent. Mon teint est encore pâlichon, mes cheveux sont toujours très fins, ma voix n’a pas mué et ma puberté n’a pas démarré. Physiquement, autant que physiologiquement, j’ai 12 ans ! Concrètement, mon corps à toujours entre cinq et six ans de retard sur mon cerveau, qui lui, est bien celui d’un jeune homme de presque 18 ans ! Encore une fois, je ne sais pas comment j’ai réussi à ne pas devenir fou !
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Maman n’ayant pas pu fêter mes 18 ans lorsque j’étais au centre Jean Thébaud, avait eu à cœur de fêter mes 20 ans. Ce jour-là, mon frère et nos amis sont restés juste le temps de manger le gâteau et sont ensuite tous sorties pour aller passer l’après-midi avec des copines. À la maison, pour fêter mes vingt ans, il n’y avait plus que mes oncles, mes tantes, ma grand-mère, bref que des anciens ! Bien sûr, j’aurais préféré aller faire la fête avec mon frère et les autres garçons de mon âge, mais je ne pouvais pas les suivre. Malgré mes 20 ans, je n’étais pas comme eux. Mon corps ressemblait encore à un celui d’un ado impubère et je ne voulais pas une fois de plus me retrouver seul pendant que mon frère et mes amis flirtaient avec les filles. J’étais bien mieux à la maison avec mes parents, mes oncles et mes tantes, avec qui je n’avais pas à rougir de ce corps que je commençais à avoir vraiment envie de tuer ! Sur cette photo, je danse avec une tante, une vielle personne que j’adorais. Je ne laisse rien paraître, mais, intérieurement, sur cette photo, je suis en larmes !… Je vais boire de l’alcool discrètement, mais autant que je le pourrais, afin que le soir venu, lorsque mon frère sera sorti avec ses amis, je puisse m’effondrer presque ivre mort sur mon lit et m’endormir très vite !

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Ici, nous sommes au Théâtre en rond à Sassenage. J’avais accepté de faire une parodie du chanteur « Claude François ». Les filles aimaient danser avec moi, car j’imitais à la perfection toutes les chorégraphies de ce chanteur dont nous étions tous fan ! Les filles se prenaient au jeu et avaient plaisir à jouer les Claudette avec moi. C’était à l’occasion d’un spectacle organisé par le club de majorette de Sassenage. Mon traitement commençait à boursoufler mon visage. Le centre Jean-Thébaud était loin derrière moi, j’avais grandi un peu, mais, à presque 20 ans ma puberté n’avait pas démarré. Si mes souvenirs sont bons, les docteurs avaient décidé de me laisser le temps de grandir encore de quelques précieux centimètres avant de la déclencher avec un traitement spécifique.


