Durant mon hospitalisation à La Tronche, je n’ai jamais reçu de soutien psychologique pour m’aider à supporter l’écart entre mon âge mental et mon physique. J’ai fait face tout seul à mes difficultés et parfois, je ne suis pas passée loin de sombrer dans la folie !
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Sur ces trois photos prises durant une nuit de réveillon de 1974, mon père, qui aimait bien faire la fête, avait décidé d’ouvrir une bouteille de Marsala acheté en Italie.
L’idée était que les hommes servent à boire les dames au boulot de la gigantesque bouteille. Michel avait fait boire nos amies Ida et Eva. Ni un ni deux, je m’empressai alors de prendre la bouteille pour servir une autre de nos amies, ce qui hélas n’était pas une bonne idée ! En effet, elle avait tellement grandi par rapport à moi, que jamais je n’ai réussi à lever suffisamment haut la bouteille pour que le Marsala arrive jusqu’à ses lèvres. C’est mon père qui finalement, l’avait servi à ma place..
En cette longue nuit de réveillon, ma différence allait me mettre en défaut. Malheureux j’ai fermé alors les yeux en posant ma main sur mon cœur, respiré un grand coup pour me donner du courage et encaisser l’humiliation, lorsque tout à coup, la photo est déclenchée. Je suis le petit garçon en polo jaune, j’allais sur mes 17 ans…



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Sur les photos ci-dessous, j’ai 16 ans et je suis enfin sorti de l’hôpital. Nous sommes à un mariage, où comme d’habitude, j’ai plus envie de m’enfuir que de prendre la pose.
Photo 1 : la traditionnelle photo de groupe sur les marches de la mairie est en train de se mettre en place. Évidemment vu ma taille, on me demande de prendre place avec les enfants. Photo 2 : la photo par famille (ma sœur Agnès n’était pas avec nous ce jour-là.), on voit bien la différence de taille entre mon frère et moi (à gauche). On jurerait que j’ai 11 ans, alors que j’en ai 16 ! Photo 3 : heureusement, durant la soirée, j’ai pu danser sur tous les Rock’N’ Roll grâce à la présence d’une petite fille de dix ou 11 ans à peine plus grande que moi et qui dansait déjà vraiment très bien. Grâce à elle qui était infatigable, j’ai pu danser autant que j’en avais envie. Elle m’avait exténué, j’avais mal de partout, mais elle avait réussi à me faire tout oublier…

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Sur cette photo, prise lors d’un de ces fameux piquenique dont je parle à la page 16 au chapitre l’adolescence tourmentée de mon autobiographie, on trouve en 1, ma petite sœur Agnès, puis juste en dessous mon frère Michel en 2, suivi en 3 par Ida, l’une de nos amies (qui avait entre 14 et 15 ans) et de sa sueur cadette en 4. En 5, on retrouve Marylène, et enfin moi en 6. Observez bien ma physionomie, comparez-la à celles de mon frère. J’avais déjà plus entre 14 et 15 ans comme Ida (3) et pourtant, physiquement et physiologiquement, j’avais entre huit et neuf ans. Avec mon mètre vingt-sept et mes 26 kg, je me sentais ridicule à côté des filles qui n’en avaient que pour Michel. J’avais tout fait pour rester hors cadre mais le photographe du jour a beaucoup insisté !


